La personne qui subit un préjudice économique voit sa situation financière se détériorer. Et cette détérioration entraîne généralement des frais (agios ou intérêts bancaire) ou, le cas échéant des gains manqués (absence de revenus de placements)
Les montants correspondants font incontestablement partie des préjudice indemnisables puisque :
-ils sont la conséquence directe du désordre.
- la victime doit être remise dans la situation qui aurait été la sienne si le désordre n’avait pas eu lieu.
Si ce principe ne souffre pas de discussion son application se révèle souvent particulièrement délicate et j’en ai déjà traité dans mon billet du 25 janvier dernier.
En effet l’existence d’un préjudice vient modifier une situation financière qui est le plus souvent complexe : Qu’il s’agisse d’une entreprise ou d’un particulier cette situation est un ensemble de comptes qui interagissent entre eux : il y a bien sur les comptes bancaires, mais également les différents emprunts a court, moyen ou long termes et les placements qui peuvent être plus ou moins facilement mobilisables.
Il y a également les « actifs circulants » qui peuvent, dans certains cas être gérés de manière différente pour procurer de la trésorerie (crédit fournisseurs, dailly et autres mobilisation de créance voire cession de stock ou même de participations)
Devant le défaut de trésorerie créé par le désordre la victime essaiera de pallier à son problème en jouant sur les moyens à sa disposition en tenant compte de l’urgence, des possibilités mais également des coûts car ces différents moyens ont des coûts très différents.
Utiliser le solde créditeur de son compte en banque est gratuit si il n’est pas rémunéré
Vider des comptes sur livrets ou des dépôts a terme est, aux taux actuels peu coûteux.
Souscrire un emprunt n’est pas à la portée de tous surtout si il faut le faire rapidement.
Reste les moyens coûteux tel le découvert bancaire
Dans la pratique la victime aura recours à un « mix » des moyens a sa disposition, « mix » qui peut varier dans le temps en fonction des montants en causes et des possibilités.
L’expert de justice appelé à donner son avis sur le montant de la partie financière du préjudice se trouvera alors devant deux problèmes différents :
-déterminer la base des défauts de trésorerie pendant les différentes périodes.
- rechercher quel a été le taux réel des moyens mis en œuvre.
La détermination de la base des défauts de trésorerie ressort de nos techniques habituelles,les investigations nécéssaires seront cependant plus approfondies car il faudra non seulement déterminer les montants mais également les dates des décaissements (ou défaut d’encaissement) correspondantes.
Mais la difficulté principale concerne la détermination des moyens réellement utilisés et des taux correspondants
La victime aura tendance a réclamer un calcul selon le taux du moyen de financement le plus coûteux.
Cela ne peut être accepté car il y aurait alors un enrichissement sans cause de la victime sur ce poste de préjudice.
Compte tenu de la diversité des cas particulier il ne peut pas être donné de démarche standard pour la recherche du coût financier du préjudice
On rencontre certes parfois un cas simple lorsque la victime se trouve déjà a découvert avant l’apparition du désordre et accentue son découvert du montant équivalent au coût du préjudice.
En dehors de ce cas d’école et de celui ou la victime peut apporter la preuve du lien direct entre une opération de financement (ou de réalisation de placement) et le préjudice, deux démarches peuvent être tentées :
- une démarche par le coût global des frais financiers nets (c'est-à-dire après prise en compte des produits financiers)
Cette démarche est pertinente lorsque le préjudice est important comparés aux actifs circulants et qu’il n’est pas survenus d’autres événements modifiant de manière substantielle la situation financière de la victime.
- une démarche par le coût moyen du crédit.
Cette démarche est pertinente, au contraire lorsque les conséquences du préjudice sont limitées par rapport a la situation globale de l’entreprise ; et que, par conséquent l’entreprise n’a pas modifié de manière substantielle son « mix » de financement
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Mais l’un d’entre vous a peut être utilisé une autre méthode.
Qu’en pensez vous ?